The Danish girl ou vivre dans un monde qui refuse la différence

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Hier soir j’ai profité d’un moment où le papa de mes enfants passait la soirée avec eux pour aller au cinéma. J’aime le plaisir de ces salles obscures où le temps de quelques heures je partage les émotions, les rires, les pleurs, la vie d’un personnage de fiction qui me fait voyager dans son monde souvent très différent du mien. C’est pour moi l’occasion de s’évader à travers les paysages, les pensées d’un autre. A l’affiche, il n’y avait pas beaucoup de choix, par curiosité j’ai opté pour « the danish girl ».  A priori l’histoire d’un transgenre ne me motivait pas plus que ça car ça me semble si éloigné de ce que je connais, si marginal mais l’opportunité de voir un film en version originale, pour moi qui adore les films en anglais, m’a décidé à le voir.

De plus, il émane de l’affiche une forme de douceur, de sensibilité et d’esthétisme qui m’attirent. Aller au cinéma pour moi, c’est un moyen de m’enfermer dans une bulle pour ne plus penser à rien d’autre qu’à l’intrigue. Oublier tous les soucis du quotidien. Je pressentais en observant les visages des personnages principaux du film que celui-ci serait beau. Et je n’ai pas été déçue. L’histoire se déroule au Danemark dans les années 30 et très vite, je suis enchantée par la ville romantique de Copenhague , les tableaux peints par Gerda Wegener la femme du jeune peintre Einar qui sont de plus en plus vivants et féminins au fur et à mesure que son mari révèle la femme en lui : Lili Elbe, la première femme née d’une opération transgenre. J’ai beaucoup aimé les images des scènes dont une bonne partie se déroulent à paris où le couple se réfugie pour fuir le danemark où certains médecins considèrent Einar comme fou. Au début, Gerda et Einar, jeune couple passionné, partagent l’amour de l’art. Par jeu, Einar prendra de plus en plus de plaisir à se déguiser en femme pour se rendre avec la sublime Gerda dans des soirées d’artistes. Lili la version femme d’Einar y connaît un grand succès auprès des hommes tant elle brille de féminité, de mystère et d’élégance. Quant à Gerda, c’est en peignant Lili qu’elle connaît le succès et commence à vendre de plus en plus de peintures. Hélas pour Gerda dont l’amour pour Einar crève l’écran, cette complicité est mise à rude épreuve quand elle comprend que petit à petit Einar meurt et Lili prend toute la place. Gerda refuse de croire qu’elle ne vit plus avec un homme et voudrait tant retrouver le jeune Einar qu’elle avait rencontré. Elle insiste, se bat pour que Lili disparaisse, que son mari revienne. Qu’elle soit enveloppée, protégée dans les bras d’un homme. Mais elle a beau mettre toute son énergie à retrouver celui qu’elle aime, elle se retrouve face à une nouvelle personne qui revendique sa féminité, s’assume de plus en plus en ne sortant plus que maquillée et en robe, et veut vivre comme une vraie femme : avoir le corps d’une femme, sortir avec un homme, avoir des enfants…

Moi qui pensait que cette histoire d’amour ne me ferait ni chaud ni froid parce que tellement éloignée de mon imaginaire de l’histoire d’amour idéale, j’ai été impressionnée et admirative de l’amour qui lie ces deux protagonistes :  Einar/lili qui reconnaît toujours aimer Gerda malgré sa volonté de devenir une femme, Gerda qui est toujours là pour le/la soutenir lorsqu’Einar/lili va mal. Dans ce récit, Gerda jouée par la magnifique actrice suédoise Alicia Vikander, oscille sans cesse entre espoir (de retrouver Einar son conjoint) et désespoir (de le perdre au profit de la belle et charismatique Lili). Et pourtant au fur et à mesure que le temps passe, même si Einar disparaît chaque jour un petit peu, elle ne cesse de lui apporter son amour, de veiller sur son âme soeur, de la protéger et niant même son désir profond va jusqu’à l’accompagner pour son opération de changement de sexe. C’est l’histoire d’un couple qui s’aime et qui se dépasse pour aimer mieux l’autre jusqu’aux frontières de ses propres limites. Gerda sait qu’elle a perdu Einar mais refuse d’abandonner Lili, elle sera toujours là pour elle malgré elle. Elle n’en veut pas de cette Lili et en même temps elle veut qu’Einar soit heureux en étant Lili. C’est une vraie belle histoire d’amour pleine d’émotions avec deux personnes qui s’aiment sans partager la même vision d’un futur en commun. Deux personnes qui veulent se rendre mutuellement heureuses mais ne le peuvent plus parce qu’elles prennent des directions différentes…et pourtant elles s’aiment. Einar et Gerda sont interprétés avec beaucoup de talent par Eddie Redmayne, acteur révélé par « une merveilleuse histoire du temps » qui joue avec beaucoup de justesse le rôle d’une femme très sensible et Gerda, la vraie révélation du film avec un sublime visage exprimant avec beaucoup de sincérité sa passion pour Einar, son empathie, sa peur de le perdre, sa peur du résultat des opérations risquées pour la vie de Lili. Quelle femme accepterait que son mari devienne femme au risque d’en mourir  ? C’est ce qui fait l’extraordinaire de ce lien fort qui les unit, l’amour permanent entre eux. Dans une société qui ne connaît pas la notion de transgenre.

Le film raconte aussi à travers Lili la vie d’une personne différente des autres, en cela elle nous touche tous dans cette société où la norme domine et où ce qui est perçu comme minorité ou exceptionnel dérange. Lili dérangeait. Elle a été menacée plusieurs fois d’internement. Et ce qui nous émeut dans ce film c’est son combat intérieur entre son désir ardent d’exprimer sa féminité pour vivre et son environnement qui ne l’accepte pas, qui pense que son désir est folie, impensable, incompréhensible, inacceptable.

Mon enfance à base d’histoire de cendrillon et de prince charmant m’a fait croire que les plus belles histoires d’amour sont celles qui unissent un homme et une femme. Mais après avoir vu cette incroyable performance d’acteurs convaincants dans leurs rôles d’amoureux, je sais maintenant que l’amour n’a pas de sexe.

Ce qui rend l’histoire poignante c’est qu’on sent bien qu’Einar meurt quand Lili s’épanouit mais que Lili ne peut pas vivre indéfiniment dans un corps d’homme et que cet état ne peut durer car ça la tue.

Pour conclure, je dirais que c’est un film marquant, il laisse une trace indélébile dans l’esprit et pose la question qui nous concerne tous :  comment vivre en étant soi-même tout en s’intégrant à la société ?

Pour ceux qui ne le savent pas, « the danish girl » est inspiré d’une histoire vraie. Einar Wegener a réellement existé et est le premier homme à avoir subi une opération chirurgicale pour devenir femme. D’ailleurs c’est quelque part toujours la preuve que les pays du nord sont toujours en avance par rapport à ceux du sud.

Et toi as-tu été le voir ? T’ai-je donné envie ou pas de le voir ?

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lanouvellemamansolo

Le site de référence pour les parents en recherche d'épanouissement personnel après une séparation ou un divorce... Pour en savoir un peu plus sur moi, RV sur ma page "A propos" ;)

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