Maman solo : coup de gueule contre mon impitoyable montre

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Le temps passe à une vitesse vertigineuse. Quand on est enfant, on rêve d’être grand, de faire tout ce que les adultes savent faire. Quand on est à peine majeur, le monde est à nous. Tout nous paraît possible, infini. L’avenir nous appartient, le monde est notre territoire d’expériences nouvelles et excitantes. La vie est sans limite. Le temps aussi.

Quand on approche de la trentaine, les contours de notre existence prennent forme : un partenaire amoureux engagé, un métier stable et/ou un achat immobilier. Entre 30 et 40 ans, après avoir multiplié les sorties, les rencontres, les soirées, l’horloge biologique débute et accélère son compte à rebours. Son bruit est amplifié par la société qui n’imagine pas qu’une femme ne puisse pas enfanter. Passé par les cases optionnelles du PACS ou mariage, devenue primipare (maman d’un premier enfant), la montre de mère tourne de plus en plus vite.

Notre conscience du temps n’est plus du tout la même que par le passé. Fini l’ennui, les grasses matinées, les soirées jusqu’à pas d’heure à refaire le monde, la notion du temps a changé. Avec un bébé, tout est cadré, planifié. A heures fixes, des tâches s’imposent : les tétées, les repas, le goûter, le bain. Quand on a été habituées à une vie sans beaucoup de contraintes et énormément de temps pour soi, le choc est brutal.

Le vrai chef de famille, inflexible, qui rythme le quotidien, c’est la montre. Elle décide de nos actions. Elle avance inexorablement et la suivre est une obligation.  Moi qui déteste l’autorité, je me plie à ses tic-tac. Ma montre m’ordonne chaque matin de sortir de mon lit. Je ne me sens pas libre. Je n’ai pas le choix. Je dois me lever. Par moments, je suis en révolte contre cet objet qui fait de ma journée une course effrenée. A contre-coeur, par nécessité, j’ai les yeux presque en permanence rivés sur son cadran. Tous les matins avant de déposer les enfants à l’école.

L’époque est dans la philosophie du « vivre le moment présent ». Mais comment est-ce possible quand le cerveau est obsédé par ces heures, ces minutes, ces secondes qui défilent ?  La crainte d’être en retard à un rendez-vous, à une réunion est toujours tapie en soi.

Le matin, je ne profite pas de mes enfants. Je les somme de se préparer le plus rapidement possible. Je leur brandis la menace du retard et de l’exclusion de l’école. Puis je me presse pour arriver au travail. Toute la journée, les réunions chronométrées s’enchaînent. Puis s’approche la fin d’après-midi avec le souhait qu’aucun collègue n’ait l’idée de coller une réunion à 18h. Ou avec la peur que la réunion en cours ne s’arrête pas  l’heure à cause d’un bavard (qui n’a pas d’enfants à aller chercher) qui pose pleins de questions et prolonge le point. Car à la même heure, boulot fini ou pas, je dois filer récupérer les enfants au risque de les voir se retrouver abandonnés (et traumatisés) au commissariat.  Ce n’est donc pas mon manager hiérarchique qui fixe mon comportement, c’est toujours cette satané montre.

Je voudrais la détruire, la jeter, ne plus avoir à la regarder, à vérifier que je suis bien à l’heure dans le planning de la journée. Cette montre est ma dictatrice, je ne suis pas libre. Elle est là pour me contrôler. S’assurer que je fais tout ce que j’ai à faire dans les temps. Vérifier que les enfants sont couchés à l’heure. Et elle n’est pas généreuse car elle ne donne jamais de temps supplémentaire.  Le temps qui reste après les enfants, c’est le temps pour le ménage, la cuisine, gérer ses papiers administratifs….Le temps pour moi, c’est un luxe rare.

Je voudrais balancer cette fichue montre à la poubelle. Moi qui ait toujours été attachée à la liberté, je ne suis pas libre.

Dis-moi dans les commentaires si tu vis bien ta journée minutée de parent ? Si comme moi, tu as envie de détruire ta montre ? Si tu as des astuces pour bien vivre ce temps qui défile ?

Je me demande comment on est en arrivés à cette civilisation où nos vies sont des courses contre la montre ? Ou attendre devient stressant parce que perdre du temps, c’est accumuler les retards et mettre en danger le fragile équilibre du parent solo qui doit assurer seul.

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A propos de l'auteur

lanouvellemamansolo

La plume sérieuse, sensible ou moqueuse d'Alexandra, working maman solo de 2 enfants sur l'amour, le célibat, la parentalité, le développement personnel... Pour en savoir un peu plus sur moi, RV sur ma page "A propos" ;)

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