Parent solo : que faire de ta colère contre l’ex ?

colere-parent-solo.jpg

La colère est une émotion qui revient souvent dans les situations de séparation, de crise. Je me suis très longtemps posé la question de sa gestion. Car la colère exprime un besoin non reconnu et en cela elle est très instructive sur soi.

En revanche, sans être maîtrisée, elle peut conduire à des comportements explosifs et néfastes, pour soi et ceux qui nous entourent.
J’ai cherché à comprendre que faire de cette colère car elle est pesante et je ne savais pas comment s’en débarrasser alors qu’elle est épuisante.


J’ai commencé l’exercice en lisant le livre de poche suivant :

Il a été écrit par Marc Pistorio, psychologue, spécialiste en résolution de conflits. C’est l’un des rares bouquins intéressants que j’ai pu trouver au sujet de la colère. Son titre « de la colère qui détruit à la colère qui construit » a motivé mon achat.
Je pense que nous sommes dans une civilisation où les émotions sont trop peu souvent exprimées et mal comprises d’où l’intérêt de se documenter sur le sujet. Nous avons tendance à refouler la colère.

Parce que tout ce qui est inconnu ou potentiellement incontrôlable fait peur.

Sur ce billet, je te fais part de ce que je ressens comme juste de faire pour aller vers un meilleur bien-être et ne pas se laisser envahir par une colère grandissante qui nous ravage à petit feu.

Avant de savoir comment gérer cette émotion qui peut être destructrice, il est important de comprendre et d’accepter qu’elle est normale. Car ce serait vraiment une violente forme de rejet de soi que de culpabiliser d’éprouver cette colère. On a tous le droit d’éprouver de la colère. C’est une émotion et elle mérite d’être écoutée et comprise.

En effet, une séparation c’est un deuil (j’en parle  ici). Et ce deuil comprend sept étapes : le choc , le refus de  la séparation et  la colère avant d’en arriver à la tristesse, la résignation puis l’acceptation. Autrement dit, être en colère c’est dans le processus habituel du deuil. Pour la personne qui a été quittée, la colère est une forme de réaction à la séparation qui démontre qu’elle commence à réaliser sa nouvelle situation de parent célibataire sans pouvoir l’accepter. Sa colère va se manifester en désir de vengeance, rancoeur envers l’autre, envie de blesser, de faire payer l’autre pour la douleur éprouvée. Elle se sent mal et veut que l’ex-conjoint partage cette blessure. La personne délaissée peut ressentir la séparation comme une décision injuste, non méritée voire complètement subie et égoïste car des enfants sont impactés par celle-ci. Elle peut se percevoir comme une victime et devenir agressive ou au contraire réagir en négociant, faisant des promesses de changement  pour retenir l’ancien partenaire.

De plus cette colère peut être alimentée et amplifiée par un ex-partenaire qui déçoit par des comportements post-rupture inattendus, irrespectueux, de mauvaise foi. Ce sont les exemples de l’ex qui ne paie pas de pension alimentaire, ne s’occupe plus des enfants, revit comme un adolescent…

Du côté de la personne qui quitte, la colère est aussi là. De la même manière, elle  a un deuil à faire. Et elle éprouve aussi de la colère qui peut avoir plusieurs sources comme la colère contre le comportement de l’autre, colère contre soi liée à tous les sentiments négatifs associés à la relation. La personne qui part peut se reprocher d’avoir perdu du temps à vivre une partie de sa vie avec le quitté.

Ces partenaires qui ressentent tous les deux de la colère peuvent se la renvoyer mutuellement et c’est le début d’un cercle vicieux infernal dont on ne ne voit pas la fin.

Je suis convaincue qu’on ne connaît vraiment son ex que quand on est plus ensemble et là les surprises peuvent être bonnes ou mauvaises. Et quand elles sont éloignées de ce qu’on attendait, c’est la grande désillusion, on se dit : « mais comment j’ai pu me mettre en couple avec une personne pareille ? « . Et la colère s’exprime dans toute sa splendeur. Contre son ex c’est évident. Mais si on apprend à s’écouter, et pour cela, il faut de la patience, une forte envie de mieux se connaître et de la bienveillance envers soi, on comprend qu’une partie de la colère est retournée contre soi. Et en approfondissant davantage cette colère, il est possible qu’elle soit renforcée par une histoire personnelle familiale qui recèle de raisons d’être en colère (abandon dans la famille, non-dits etc etc).

Si tu lis cet article avec intérêt, c’est vraiment bon signe car cela signifie que tu as conscience que tu as besoin de te débarrasser de ta colère. Et si tu en es là, c’est que tu es sur la bonne voie pour te libérer de celle-ci. Cela dit, vouloir se libérer de la colère ne suffit pas pour y arriver. Le mental n’est pas celui qui nous permet d’y arriver. Il peut nous y aider en nous faisant prendre conscience que :

  • cette colère, au début bénéfique car c’est un moyen de se protéger contre une menace, sur la durée, devient néfaste car elle est épuisante. Etre en colère ça demande de l’énergie et pour un parent solo qui a un quotidien à gérer seul, vivre cette colère c’est un poison qui fatigue nerveusement et inutilement, son énergie étant si précieuse
  • elle n’apporte rien de positif, au contraire, si les deux ex-conjoints sont tous les deux en colère, c’est le conflit usant et permanent qui détruit la famille, les enfants étant les plus traumatisés par les explosions de colère, les disputes, les chantages, les actes de mauvaise foi. Personne n’y gagne.
  • « le malheur des uns fait le bonheur des autres »: un papa et une maman qui ne s’entendent plus, en cas de divorce, ce sont les avocats qui se frottent les mains car un divorce non amiable ça s’éternise, ça multiplie les consultations à leurs cabinets…bref ça les enrichit au détriment du ménage en crise. La colère ça coûte nerveusement et financièrement
  • être en colère contre l’autre nous place dans une situation de dépendance, une position de victime. Car en prenant du recul, cette colère est causée par les attitudes de l’ex-conjoint(e):  de ce qu’il ou elle fait mal (être en retard aux rendez-vous voire les oublier par exemple), de ce qu’il ou elle ne fait pas (voir ses enfants, participer aux frais liés à leur santé par exemple) ou de ce qu’il ou elle fait (refaire sa vie avec une autre personne, déménager très loin, vivre à l’étranger…). Dans ce dernier cas, comprendre que cette colère ne changera rien est important. Que la personne ne se comporte pas comme on le voudrait est un fait. Il faut vivre avec et trouver ses propres solutions car se mettre en colère chaque fois que l’autre nous déçoit ne mène à rien. Rien de bon pour soi ni pour les enfants. Peut-être qu’il ou elle changera…Peut-être pas…Mais comme on ne peut le contrôler, autant renoncer à essayer de changer l’autre et cesser d’exprimer une colère inutile et fatigante pour soi-même. Le plus important c’est vraiment de trouver des moyens pour s’en sortir seul(e) quand on n’a pas le choix. Si l’autre est toujours en retard, le prendre en compte dans son planning en l’anticipant par exemple. S’il ne paie pas la pension alimentaire, se faire conseiller par un avocat est utile mais en parallèle essayer de trouver des moyens d’augmenter ses sources de revenus ou limiter ses dépenses est aussi important. (Facile à dire je sais) L’idée est de ne plus dépendre de l’autre émotionnellement.

Le mental nous permet de réaliser que la colère peut être ravageuse. Mais ce qui fait vraiment avancer sur le chemin de la paix intérieure, c’est de prendre du recul, de se demander ce qu’apporte cette colère. Elle peut soulager sur le moment mais ça ne dure pas, elle revient. A force d’introspection, de réflexion sur soi, on en vient à comprendre que cette émotion en soi, c’est comme une cellule cancéreuse qui petit à petit progresse. Et quand on s’aime (ou quand on commence à vraiment s’aimer), on sait qu’on mérite la santé. Alors on se soigne de bienveillance  envers soi, on ressent au fond de nous que cette colère ce n’est pas nous et qu’on ne mérite pas de la laisser s’installer durablement en nous. Et c’est à ce moment-là que son intensité diminue. Ca ne se fait pas obligatoirement d’un seul coup mais avec le temps, cette émotion négative va s’atténuer après s’être exprimée. Et la fatigue qui l’accompagne aussi baisse ce qui signifie que l’énergie de vie, l’énergie positive revient. Et quand on en prend conscience, on est sur le chemin de la guérison.

C’est réellement le coeur qui guide vers ce chemin, c’est l’amour de soi qui libère de la colère. Aimer quelqu’un c’est l’accepter avec ses qualités et ses défauts. Qu’il soit malade ou pas. Aimer quelqu’un c’est accepter qu’il est juste humain et donc imparfait. Donc s’aimer, c’est accepter ses propres choix (par exemple se marier et faire des enfants) qu’ils aient été heureux ou malheureux dans le passé. S’aimer c’est aussi se pardonner d’avoir fait des erreurs. Quand on ressent vraiment cela, la colère perd de sa force.

Qu’en penses-tu ? As-tu de la colère en toi ? Ou as-tu réussi à t’en libérer ? Comment ?

As-tu des livres à conseiller qui t’ont aidé(e) à faire face à ta colère ?

Abonnez-vous à ce blog par e-mail.

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à ce blog et recevoir une notification de chaque nouvel article par email.

A propos de l'auteur

lanouvellemamansolo

La plume sérieuse, sensible ou moqueuse d'Alexandra, working maman solo de 2 enfants sur l'amour, le célibat, la parentalité, le développement personnel... Pour en savoir un peu plus sur moi, RV sur ma page "A propos" ;)

19 comments

Laissez un commentaire:


GRATUIT Mon guide spécial Parent Solo de 24 pages - Clique ici pour recevoir tout de suite ton cadeau !

close

​Recevez régulièrement du contenu positif
pour réveiller le super parent solo en vous !

​Indiquez-moi votre adresse email